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LETHIER, Hervé (2026) : La croissance est-elle un gros mot ?

En fait, tout cela dépend à la fois du contexte et du sens donné à ce concept moderne illustrant un développement qui aujourd’hui interroge singulièrement chacun de nous, au point de douter sérieusement de sa résistance à long terme et donc de sa durabilité.

Pour certains, nous serions en effet actuellement en bascule au regard des limites planétaires qui s’imposent à nous, pour d’autres ce n’est qu’affaire de progrès scientifiques et technologiques et nous nous en sortirons toujours par le haut tant l’humain est beau, fort et intelligent.

Ce débat au demeurant complexe et souvent anxiogène, interroge aujourd’hui Jean Martin dans une brève dont il a le secret, publiée dans 24 heures, Lausanne, le 18 juin 2026 (voir encadré ci-dessous).

En réalité, peut-être pourrions-nous nous accorder sur la nécessité de redéfinir la croissance, plutôt que de la remettre en cause, et de l’asseoir sur des critères à revisiter évidemment en profondeur. Il s’agirait en effet de faire en sorte que celle-ci repose désormais sur une quête d’un bien-être moins matérialiste, inspiré par une sobriété tenant compte des limites planétaires et concourant à une optimisation des aménités que nous offre la planète (biens mais surtout services environnementaux).

Certes, cela peut imposer une décroissance de certaines consommations sans pour autant altérer nos satisfactions ; cela passe d’abord par une meilleure prise en compte des déséconomies liées à nos modèles capitalistiques de production et de consommation en général, pour arriver à une représentation conventionnelle plus fidèle de la réalité.

Dans un monde aujourd’hui déstabilisé par nos excès où beaucoup d’entre nous doutent du futur, c’est bien de notre avenir qu’il s’agit et d’un bien-être respectueux d’autrui.

Qu’en pensez-vous ?

MARTIN Jean (2026) – Après le 14 juin : il faut freiner Prométhée !

Des écologistes convaincus ont voté oui à « Pas de Suisse à 10 millions ». A cette occasion, il faut voir le vrai signal d’alarme que représente la forte ambivalence d’électrices et d’d’électeurs opposés à une Suisse qui s’enferme dans un bocal tout en ayant une vive conscience des défis posés au vivre-ensemble, en termes d’espace vital et de sa qualité, d’usage des ressources, de mobilité. Ces questionnements légitimes doivent être enfin abordés.  Nous devons modifier notre course actuelle, revoir notre théorie et notre pratique de la croissance. On a beau la vouloir qualitative, on n’échappera pas au débat sur la décroissance. Ce n’est pas un « vilain mot », dans différents domaines il faut l’envisager concrètement, tirer la conséquence de ce que nous savons : la croissance sans frein, avec la recherche de profits sans fin, est une voie sans issue vivable.

Il faut freiner Prométhée, symbole pour les Grecs anciens de la démesure qui repousse les limites par le progrès technique ! L’idée n’est pas de revenir à la bougie (critique usuelle, de mauvaise foi) mais de procéder à un point de situation critique – puis de changer. Conseil fédéral et parlement, instances cantonales et communales ne feront preuve de hardiesse qu’aiguillonnés par la société civile. Des collectifs, des ONG, des mouvements citoyens se mobilisent. A défaut de solutions toutes faites, qu’ils ouvrent une concertation avec les politiques, les secteurs public et privé : des Assises de la croissance raisonnée, pour recenser les propositions pertinentes, en imaginer d’autres, les hiérarchiser et présenter à la collectivité des mesures concrètes. Il est plus que temps de s’y atteler, en général et dans/pour ce pays.

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Version pdf: La croissance est-elle un gros mot ?

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